jeudi 19 janvier 2012

DÉGUSTATION DES GRANDS BLANCS DE BOURGOGNE

Club « Les Rupins »,
Le jeudi 19 janvier 2012

 Présentation générale

Le chardonnay est sans contredit le raisin blanc le plus répandu dans le monde. Tous les pays viticoles quels qu’ils soient en produisent, car c’est un cépage relativement fiable et souple, doté d’une grande capacité d’adaptation aux différents sols, climats et terroirs. Il prend des couleurs diverses selon qu’il vient de la Californie, du Chili, du Canada ou de l’Afrique du Sud, mais cela reste du Chardonnay. Certains l’aiment, gras, aux arômes de brioche, de miel et de vanille; d’autres l‘aiment, frais, droit, doté d’une grande minéralité, aux arômes de fruits blancs et d’agrumes, à l’acidité abondante comme dans le Chablis. Notons que c’est le seul cépage blanc que l’on retrouve dans la fabrication du champagne.

La Bourgogne

C’est sans contredit en Bourgogne que le chardonnay trouve sa terre d’exception. Avec l’Aligoté plutôt marginal et l’expérience unique du sauvignon de Saint-Bris dans le vignoble Vézelien, le chardonnay est le seul cépage blanc que l’on y retrouve. Quatre régions ou communes spécifiques produisent des vins exceptionnels.

1) Au Nord-Ouest, presque adjacente à la Vallée de la Loire, se trouve une des appellations les plus connues au monde, le Chablis, qui s’étend des deux côtés de la rivière Serein. Les meilleurs premiers crus  et la colline des grands crus se trouvent sur la rive droite, au nord de la rivière, là où les calcaires du kimmeridgen donnent cette minéralité extraordinaire aux vins. Il y a une seule appellation Grand cru mais elle se décline en sept clos : Bourgros, Blanchot, Grenouille, les Clos, Vaudésir, Valmur et Les Preuses.                                                                                                                                                            

2) Puis, la région autour de la colline de Corton avec les appellations de Ladois-Serrigny, Pernand Vergelesses et Aloxe-Corton où l’on trouve plusieurs 1er crus de renom et un grand cru célèbre: le Corton Charlemagne qui se retrouve sur les trois communes.

3) Ill y a Meursault et les AOC voisines en rouge de Volnay et Blagny qui produisent des blancs sous l’appellation Meursault. Il n’y a pas de grands crus même si les amateurs de cette région considèrent cette situation inéquitable. Les 1er Crus Goutte d‘Or, Genevrières, Bouches Chères, Château Meursault et les Charmes, entre autres, sont souvent aussi bons que le Corton Charlemagne.

4) Enfin, il y a la région de Montrachet, où l’on produit les plus grands chardonnays et sans doute les plus grands vins blancs du monde. Les premiers crus de Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet sont reconnus pour leur grande qualité. Mais c’est le terroir des cinq grands crus qui ont rendu cette région célèbre et qui en font une des dix régions d’exception du monde : le Montrachet, le Chevalier Montrachet, le Bâtard-Montrachet, le Bienvenues-Bâtard-Montrachet et le Griots-Bâtard-Montrachet. Ces vins sont tout simplement dans une catégorie à part. Leurs prix aussi.

Liste des vins en dégustation
Grand cru Mailly-Champagne, Francis Boulard                                    

CHABLIS
Les Blanchot, Grand cru, La Chablisienne 2005                                    

MEURSAULT
Château Meursault Premier Cru 2005                                                      Meursault les Genevrières, Rémy Jobard 2008                                    Meursault (Volnay) 1ercru Santenots, Jacques Prieur 2007                 Meursault Goutte d’Or, Buisson Charles, 2007                                    

CORTON
Corton Charlemagne, Grand cru, Henri Boillot 2006                                                                               


MONTRACHET
1er cru Champ Canet, Puligny-Montrachet, Étienne Sauzet 2007        Bienvenues-Bâtard-Montrachet, Grand cru, Henri Boillot 2009                               


Daniel Gourd
Le 19 janvier 2012                                                                                 

jeudi 12 janvier 2012

Des dégustateurs tenaces


Les visages sont sérieux, concentrés. Habituellement festifs et agités, les membres du Club « 2 gars des Filles » sont au travail. Ils écoutent attentivement les consignes, prennent connaissance du guide de la dégustation que je leur propose. C’est leur première aventure à l’anonyme où ils et elles doivent découvrir le cépage à l’origine des  vins en attente d’être dégustés.
Deux des filles sont retenues ailleurs; l’une à Paris et on la comprend, l’autre par des obligations professionnelles pressantes.

Pourquoi sept vins et pas huit comme prévus? Parce que le Pinot noir qui devait remplacer le Bourgogne défectueux qui prenait la relève de mon premier choix de Pinot totalement bouchonné, était sulfité à un niveau intolérable pour une dégustation du genre. Trois rejets en ligne, de lots et de producteurs différents? C’est plutôt rare. J’aurais du la vérifier de plus près mais trois de suite? Je n’y croyais pas. Mea culpa.

Il y a un Cabernet franc, un Gamay, une Syrah, un Merlot, un Cabernet sauvignon, un Grenache et un Mourvèdre à 80%. Les convives ont tous gouté à ces cépages d’une façon ou de l’autre depuis le début de nos rencontres il y a un  an, jour pour jour.

On procède méthodiquement. Chaque vin est analysé, ses caractéristiques visuelles, olfactives et gustatives sont décortiquées dans le menu détail. C’est long mais le jeu en vaut la chandelle.

C’est le Gamay qui est d’abord repéré dans les trois premiers vins. Il n’a pas ou peu de tannins, ses arômes de fruits sont exubérants et il est plus léger que les autres, même s’il s’agit d’un Morgon 2009 de Marcel Lapierre; un magnifique Beaujolais, « a serious wine » diraient mes voisins de Pointe-Claire. Le travail pour trouver la Syrah est un peu plus long mais les arômes de poivre blanc en finales aromatique et gustatives finissent par le trahir.

Nous entamons la deuxième série sans avoir débusqué le Cabernet franc qui ouvrait  la marche de la première série, bien que le côté végétal aux arômes de poivron vert a été identifié avec la plupart des arômes de fruits et de fleurs.

Les quatre vins sont là et livrent peu à peu leurs secrets. On voit bien que le Cabernet Sauvignon placé au début de l’alignement possède aussi un côté végétal et des arômes de poivron vert, même si ses arômes de fruits sont assez différents, ses tannins plus fermes, un corps et une puissance qui n’ont pas d’égaux dans cette dégustation. On finit par faire le lien entre les deux cabernets, avec un petit coup de pouce de ma part.

À force de discussions, et beaucoup à cause d’une indiscrétion de ma part à une des convives, le Merlot est identifié. Tout le monde se trompe en confondant les identités du Grenache et du Bandol à 80% Mourvèdre, les deux derniers vins de la dégustation.

Les pâtés, le rôti de bœuf, les saucissons et autres cochonnailles, les pains et les fromages arrivent. Je tente d’intéresser les gens aux divers accords possibles et aux mérites gastronomiques de chaque vin. Je réussi à moitié. Le monde a faim et dévore littéralement le lunch. Il n’en restera rien ou presque à la fin de la soirée. La bonne humeur enthousiaste, l’agitation joyeuse, le côté débridé qui caractérisent ce groupe reviennent au galop et on s’amuse ferme.
Les convives se quittent vers 22h00 avec un rendez-vous en février qui nous permettra de découvrir un peu la Toscane italienne.

Ah, j’oubliais. On a ouvert la soirée en célébrant le premier anniversaire de notre groupe avec le Champagne rosé de l’ami Francis Boulard, encore et toujours délicieux.

Les vins :
1)  Cabernet franc, Domaine du Mortier, St-Nicolas de Bourgueil, Loire 2008;
2)  Gamay, le Morgon de Marcel Lapierre , un Beaujolais 2009;
3)  Syrah, un Croze-Hermitage d’Alain Graillot, Vallée du Rhône 2007;
4)  Cabernet sauvignon, celui de Catena Alta à Mendoza, Argentine 2007;
5)  Merlot, Domaine Katsaros, Pays de Krania 2006 en Grèce;
6)  Mourvèdre, un Gros Noré, Bandol 2003, Provence;
7) Le Grenache,le Schistes de Coume del Mas, AOC Collioure 2007.

Les aliments :
Les pâtés : de Wapiti à la Mûre, de Lièvre aux noisettes et de Dinde aux canneberges et miel.
Le rôti de bœuf à la moutarde de Meaux et au poivre noir.
Le saucisson de Gênes.
Fromages : la Tome du Joyeux Fromager, un chèvre du Québec; l’Ossau Iraty, un brebis du Pays Basque; et un Gruyère de réserve appelé chez-nous le Gruyère de Grotte.

mardi 10 janvier 2012

Des dégustateurs de première force

Ils sont forts les Finauds
J’avais préparé une dégustation à l’anonyme difficile : 8 vins rouges, tous issus d’assemblages, dont le cépage dominant variait d’une bouteille à l’autre, à une exception prêt. Aucun vin n’avait moins de trois cépages, quatre provenaient de la France, les autres du Portugal, de l’Italie, de ‘Australie et de l’Afrique du Sud. Voilà l’information que mes 7 amis et collègues avaient avant de commencer la dégustation hier. Pas beaucoup, vraiment pas beaucoup.

L’enjeu? Trouvé le cépage dominant, le pays et la région d’origine et l’appellation si possible. Pas une mince tâche.

Bon, revenons à nos bouteilles, 8 bouteilles, dont deux étaient hors typicité, i.e. qu’elles n’affichaient pas nettement les caractéristiques habituelles de l’appellation ou de la région. Le Valpolicella superiore de la Maison Marion qui fait très Nouveau Monde; une extraction maximum, une fermentation longue et un long élevage sur bois dans des barriques chauffées au chalumeau pour accentuer les notes de torréfaction. L‘assemblage « type bordelais rive sud » du sud-africain David Trafford, « l ‘Elevation 393 », n’envoyait pas de signaux clairs. Il pouvait provenir aussi bien de l’Italie, du Portugal que de l’Australie.

La première série commençait avec le piège de l’Italien de Vénétie (valpolicella) que personne n’a pu identifier et pour cause. Le deuxième vin, le Château Grand Barrail l’Amarzelle Figeac (rien de moins), un Saint-Émilion Grand Cru 2005, fut localisé par tous mais pas toujours sur la bonne rive. Le troisième, la cuvée classique du Domaine Tempier 2006, un Bandol, a été repéré par trois des dégustateurs. Le dernier vin de la série, un australien avec la Syrah en forte dominance, fut identifié par une majorité des dégustateurs.

J’ai offert de faire connaître les résultats avant la deuxième série, ce qui aurait grandement facilité la tâche des convives. Ce fut refusé, à mon grand étonnement. Ils ont du « guts » les Finauds.

La deuxième série démarrait avec le Château Maucaillou , un Moulis 2006 de la rive gauche du Bordelais que tous ont situé dans la bonne  région, à l’exception d’un qui l’a placé en Bergerac, ce qui est tout de même dans la cour arrière de Bordeaux. Évidement, là encore, quelques uns le situaient rive droite. Quand même pas mal.

Le sud africain de David Trafford qui venait en ensuite a été placé en Italie du sud sauf deux qui l’ont mis au Portugal. Le portugais de l’Alentejo, le Cortes de Cima Reserva 2008 fut vite situé au Portugal par une majorité de dégustateurs mais pas dans la bonne région. Le cépage dominant fut tout de même bien identifié. Il s’agissait de l’Arragonez, un des noms du Tempranillo espagnol au Portugal.

Enfin, le dernier vin, le Châteauneuf du pape 2008 du Domaine de la Vieille Julienne, a été placé en France, régions du Rhône ou du Languedoc mais personne n’y a vu un Châteauneuf du Pape vu les arômes prononcés d’agrumes et de poivre qui déroutaient un peu. Il faut dire qu’au moins 5% de l’encépagement de ce vin provient de raisins blancs, ce qui peut expliquer en partie les arômes de pamplemousse blanc malgré une dominance de Grenache à 70%.

Ce vin est sans contredit la « star » de la soirée, suivi du Ngeringa d’Australie, du Domaine Tempier en Bandol et du Château Maucaillou reconnu comme le meilleur rapport qualité/prix (et de loin) de la soirée. Viennent ensuite le Cotes de Cima  et le Saint-Émilion. Ferment la marche, le sud-africain de David Trafford et le Valpolicella de Marion.

Liste des vins et encépagement

1) Valpolicelle Superiore, Marion, Venetie, Italie 2005; Corvina 70%, Rondinella 20% et Teroldego 10%.

2) Le Château Grand Barrail L’Amarzelle Figeac, Saint-Émilion 2005; Merlot, Cabernet franc et une touche de Cabernet sauvignon.

3) La cuvée classique du Domaine Tempier, Bandol 2006; Mourvèdre 72%, Grenache 15%, Cinsault et Vieux Carignan.

4) la cuvée J-E de Ngeringa, Adelaïde Hills, Australie 2007; Syrah 70% Pinot Noir 20%, Sangiovese et Tempranillo.

5) Le Château Maucaillou, Moulis en Médoc 2006; Cabernet sauvignon 52%, Merlot 41% et Petit Verdot 7%.

6) Elevation 393, « de Trafford », Stellenebosch, South Africa 2003; Cabernet sauvignon 42%, Merlot 33%, Syrah 17% et Cabernet franc 8%.

7) Cortes de Cima, Reserva, Alentejo 2008, Portugal; Arragonez 44%, Touriga nacional 22%, Syrah 20% Petit Verdot 12%.

8) Châteauneuf du Pape, Domaine de la Vieille Julienne 2008, Vallée du Rhône; Grenache 70%, Syrah 10%, Mourvèdre 5%, Cinsault 5%, autres rouges 5% et autres cépages blancs 5%.

mardi 20 décembre 2011

Une soirée de dégustation passionnante, avec des jeunes...

Les 4 danseuses sont là, jolies, élégantes et si jeunes; Randy, Audrey, Julie et Alexia. Elles ont acheté la dégustation mise à l’encan de la Fondation pour la relève en danse, avec François, danseur à ses heures et l’ami de cœur de Julie. Il y a aussi William, musicien et « tchum »  d’Alexia et Kaleigh qui accompagne Audrey. Ils ont moins de 25 ans et écoutent avec sérieux les recommandations et explications d’usage tout en dégustant le champagne rosé première cuvée de Bruno Paillard.

Ils sont un peu impressionnés par la cinquantaine de verres, les crachoirs en "stainless" et les piles de serviettes de papier qui occupent toute la place sur la longue table. Cela ne durera pas, car dès que les bouteilles de blancs commencent à circuler, que le vin tombe dans les verres, les questions fusent.

Ils ont pris le temps de lire attentivement la documentation que j’ai déposée devant chaque place. Ils veulent comprendre mes choix, tout savoir sur les vins avant même d’y avoir gouté. Je tempère leur enthousiasme en leur recommandant de procéder d’une manière un peu ordonnée, ce qu’ils acceptent de bonnes grâces,

On ouvre avec les blancs.

Le Sauvignon « Blanc » (prononcé Blanck ) 2010 de la maison sud-africaine Klein Constantia ouvre la marche; suivi du Pouilly Fuisse 2008 de Marnay Sorelles , du Mâcon en Bourgogne; le Vouvray « Le Mont 2009 » du Domaine Huet en Loire; et, finalement, la Cuvée Nicolas, le Riesling grand cru Kafferkopf 2009 de l’alsacien Martin Schaetzel. Sauvignon, chardonnay, chenin et riesling, quatre des principaux cépages en blanc.

Le sauvignon provoque des réactions mitigées. Il est trop acide, trop vert, trop agressif, trop aromatique… Trop quoi… Le chardonnay est plus convenu, classique et rond, une certaine droiture. Il est mieux accepté, mais ne laissera pas une trace indélébile dans leur mémoire. Le chenin plait énormément, mais c’est le riesling qui remporte la faveur de tous.
Arômes de fruits blancs avec une touche de litchi et d’ananas, une fragrance pétrolée très subtile en finale, une « sucrosité » un peu trop présente à mon goût, mais qui séduit la jeune tablée.

Ils sont appelés à retenir deux vins après les avoir associés à un Brillat-Savarin triple crème de Bourgogne et le Petit Basque, un fromage de brebis des Pyrénées. Le sauvignon ne rejoint personne même s’il se comporte très bien avec le fromage basque. Le chardonnay est gardé par deux dégustatrices, sans doute à cause du bel accord avec le Brillat-Savarin. Les autres conservent le chenin et le riesling qui fait l'unanimité une fois de plus.

Arrivent les rouges.

Un  Pinot noir 2009 de la Vosne Romanée, Domaine Confuron-Cotetidot, choisi pour illustrer un vin trop jeune qu’i faut laisser vieillir; puis un Sangiovese, Chianti Classico 2006 de la maison Querciabella; la Syrah « The Stork » 2005 du vignoble Hartenberg à Stellenbosch, Afrique du Sud; le Cabernet Sauvignon, cuvée Oakville, vallée de Nappa 2002 de Robert Mondavi; et enfin un 1er cru de Vosne Romanée, « Les rouges du dessus », 2004 d’Alain Burguet  pour illustrer le murissement d’un beau pinot noir de la même commune que le premier.

La comparaison des deux pinots est concluante. Le vin de Burguet est fort bien accueilli et le premier pinot prend du galon au fur et à mesure que la dégustation avance et qu’il s’aère dans le verre. Le sangiovese est un peu austère et la perception de sècheresse en finale déplait. La Syrah gagne le cœur de tous par son ampleur, ses arômes concentrés de fruits noirs, son boisé vanillé aux arômes de café et de chocolat noir qui est bien intégré et la légère touche de  pain grillé, presque brûlé qui lui confère un petit côté sauvage pas déplaisant du tout. Le poivre blanc en finale surprend et étonne. Le Robert Mondavi est immense, prêt à boire même si encore jeune, des tannins présents, mais fondus, un boisé bien perceptible, mais intégré. Un vin  puissant et harmonieux à la hauteur des beaux "cabs" de la Californie quand ils échappent à la tendance « jus de planche » trop répandue dans le Nouveau Monde. Enfin, le bourgogne de Burguet séduit par sa finesse, sa profondeur et sa complexité.

Confrontés aux Terrines de Wapiti à la gelée de mûres, de lapin à la gelée de framboise, au pâté de faisan et morilles, aux saucissons de Gênes et celui à l’ail tranchés mince et épais pour saisir l’importance des textures dans les jeux d’accord mets/vins; aux fromages de Brebis Zachary Cloutier, au Louis d’Or, une pâte ferme, tous deux de Wawick au Québec et un L’étivaz de Suisse, ils se comporteront assez bien le chianti mis à part.

Tous reconnaissent que les deux blancs conservés pour la comparaison rouge/blanc avec les fromages donnent de meilleurs accords et que la complémentarité des rouges avec les fromages est plus que discutable. Ultimement, c’est la Syrah qui est le vin rouge de la soirée, suivie de près par le bourgogne de Burguet et le cabernet/sauvignon de Mondavi.

Le chien Boghey, le Rottweiler, charmeur et séducteur, a passé une soirée somptueuse, cajolé par les filles et caressé par les gars. Baïla, la bergère allemande, moins spontanée et plus en retrait, a pu compter sur les gars et la belle Hélène pour sa dose d’affection,

La soirée se termine cinq heures plus tard. Tous ont l’air ravi de l’expérience, moi le premier.


vendredi 16 décembre 2011

Les relationnistes et agent de communication ont besoin de mieux connaître le vin.

Les agents de communication et les relationnistes ont souvent la responsabilité de choisir les vins lors des repas d’affaires, les événements publics, les lancements et les campagnes de promotion de produits ou d’événements. Ils sont souvent mal préparés pour ce faire. De là est née l’idée de créer des ateliers d’initiation et de formation qui répondent à ce besoin.

Avec la complicité d’une agence connue de Montréal, nous avons tenté l’expérience avec les employés de cette entreprise qui se retrouvent souvent dans cette situation. Nous y sommes allés d’abord avec les rouges qui constituent 70 % de la consommation de vins, réservant les blancs pour une prochaine fois.

Huit vins illustraient les diverses options, tous en mono cépage, pour apprécier les contrastes, les qualités et les limites de chacun :
un Gamay du Beaujolais du Domaine des Vissous; un Cabernet franc de la Loire, Saumur-Champigny, Château deTargué; un Pinot noir de Bourgogne, le Thierry Violot-Guillemard; un Merlot du Domaine Katsaros en Grèce; une Syrah du Rhône, un Saint-Joseph des Vins de Vienne; et un Cabernet Sauvignon de la maison chilienne Lapostole.

Divers aliments servaient aussi à illustrer le propos. Des pâtés de faisan et de cerf, des jambons plus ou moins relevés, des saucissons qui allaient du plus doux aux plus épicés ou salés. Deux fromages pour illustrer les talents limités des vins rouges à tenir compagnie aux fromages : un chèvre granuleux de la Loire et un Délice de Bourgogne triple crème.

Nous avions quand même des contraintes de budget et d’appétit des participants pour choisir et diversifier les aliments qui servaient le propos.

Rien comme une dégustation comparative pour déciller les yeux les plus fermés. On a vite vu la grande flexibilité et la capacité d’adaptation gastronomique du pinot noir. Le côté souple et sans relief, mais jamais conflictuel du beaujolais avec la plupart des mets. On a aussi constaté que plus le vin est dense, complexe et lourd moins il peut s’adapter. Mais, lorsque cela colle avec un aliment, cela peut donner du grandiose : le Cabernet/Sauvignon avec les viandes rouges, l’agneau de préférence, ou encore la Syrah avec les saucissons épicés ou salés et les jambons goûteux.

Je vous passe tous les résultats des expériences faites mercredi dernier, car cela devient vite fastidieux. Mon propos voulait attirer l’attention des sommeliers et conseillers en vins sur l’existence de ce besoin.

Je ressors de ce premier atelier avec la conviction qu’il y a là un marché intéressant parce que ce groupe de professionnels doit mieux comprendre les mérites, qualités et caractéristiques des divers vins afin de mieux répondre aux besoins de leurs clients.

jeudi 8 décembre 2011

UNE SOIRÉE EN CHAMPAGNE

Elizabeth qui rentrait de Paris le jour même me rappelait que les Français considèrent le champagne rosé comme un vin destiné aux touristes et à l’exportation. Est-ce vrai? Je ne sais trop. Ici, il est populaire, surtout l’été et dans le temps des fêtes.

Nous en avons trois d’aligner devant nous : Tolérance de Franck Pascal, disponible pour la première fois à la SAQ (cellier de novembre), le Rosé de Bruno Paillard; à la SAQ également, et celui de Francis Boulard en importation privée chez Vinealis.

Le vin de Pascal est léger, fin, très rafraichissant, aux bulles fines moyennement abondantes, un nez subtil peu « levuré » et une bouche plutôt délicate. Joli vin. Celui de Paillard est très pâle aux reflets orangés, on dirait presque un gris. Un nez plus complexe que le précédent, mais de la finesse aussi. Il passe bien avec les huitres et la mousse de crevettes. Enfin, le vin de Boulard est plus costaud, plus minéral, plus droit aussi. Un nez étoffé et complexe, pas racoleur, mais dense, sucre résiduel au minimum, un vin qui se révèle formidable en accompagnement, des aliments disposés sur la table, dont les huitres, la mousse de crevette, les sushis, le homard, le pâté de foie et le caviar… Un champagne pour la table, ce qui est souvent le cas des vins de Boulard.

Les plats font le tour, les bouteilles aussi. Le ton a monté, les rires fusent, les conversations sont animées, le « party est poigné ». Il devient difficile de gérer la dégustation. Les quelques règles de base que nous respectons habituellement sont parties en BULLES.

Que puis-je vous dire des quatre champagnes qui circulent? Ils sont: la cuvée 734 de Jacquesson; le Grand Cru Mailly-Champagne de Francis Boulard, un Brut nature; la Première Cuvée de Bruno Paillard; et le Brut entrée de gamme de Ruinart. Je peux ajouter que malgré le joyeux chaos qui s’est installé, le Jacquesson est accueilli avec tiédeur, mais il reprendra du galon avec les aliments; le Boulard et le Paillard passent discrètement, mais sans être critiqués, ce qui est bien vu l’accueil réservé au Jacquesson; et que le Ruinart semble la vedette incontestée de la soirée. Mais attention, le Dom Pérignon cuvée 2000 n’a pas encore été servi.

Le voici dans toute sa splendeur, éblouissant de complexité et de richesse aromatiques et gustatives. Nous sommes « flaberghasted » comme le diraient mes voisins de Pointe-Claire (prononcer Pointtt Clèrrr).


Un moment le calme s’installe. Tous et chacune accusons le coup. Nous sommes devant un grand vin et la plupart d’entre nous le dégustons pour lui-même, seul, sans manger les tartes aux fruits et frangipanes, les fraises, les framboises et les melons qui se sont ajoutés. « We count our bleesing » célèbreraient mes voisins d’à côté… « Gracias a la vida » s’extasieraient mes voisins vénézuéliens d’en face.

On finit par en revenir . Le temps file. Nous mangeons les tartes et les fruits, desservons la table, ramassons les verres et les crachoirs qui ont peu servi, vous le devinerez. Un peu d’ordre est mis dans la maison de Hélène et Raymond (merci de l’accueil les amis) et l‘on se quitte en liesse en se donnant rendez-vous le deuxième mercredi de janvier.

mercredi 7 décembre 2011

LE FESTIN DES FINAUDS

Les 10 membres réguliers du Club des Finauds sont présents chez Gilles dont la cuisine est joliment équipée et ultra fonctionnelle. 
Chacun est venu avec une bouteille. 


Nos deux cuisiniers, Simon et Julien, ont été informés à l’avance de nos  choix. Nos chefs ont donc préparé un repas en accord avec les vins qui se retrouveront sur la grande table. Je dis un repas mais c’est plutôt un festin qui nous attend.

On démarre avec quatre hors d’œuvres : du saumon fumé maison avec huile d’olive légère et zest de citron; une verrine de crème de petits pois à la truffe noire en espuma; deux huîtres, et un carpaccio de bar et courge. Accompagnent les plats; « Dis vin secret », un champagne brut de Françoise Bedel; et la Cuvée Grande Réserve 1864, Grands crus, blanc de blancs, de Jean Milan.

 Le Bedel est plus tendu, minéral avec une acidité plus jeune et il s’accorde bien avec les plats devant nous. Le Milan, tout chardonnay, est déjà plus mur, rond, brioché, beau nez, belle bouche, les bulles sont plus fines et plus nombreuses que le champagne précédent mais sa complicité avec les plats est moins éloquente.

Les entrées nous entrainent dans un autre registre.
La Lotte à l’huile d’olive noire, qui s’inspire de « Ombres et lumières », une recette du grand chef  Michel Bras, nous jette à terre. Le poisson est juste assez cuit pour ne pas devenir cotonneux. Le goût de l’olive noire est intense et concentré et le Riesling Grand Cru Schlossberg 2004 d’Albert Mann relève le défi de l’accord de belle manière, démontrant une fois de plus les grandes qualités gastronomiques de ce cépage.

Puis une assiette de légumes racines au naturel dont une inoubliable purée de topinambours se frotte à deux belles bouteilles : un Volnay Clos des Ducs 2004 du Marquis d’Angerville et la cuvée « Chante Alouette », un Hermitage 1998 de Chapoutier. Le Volnay s’accorde assez bien avec les légumes. L’Hermitage, légèrement oxydé, est un peu réservé au départ, au nez et en bouche, mais sa complicité avec l’assiette est fort belle. Les convives flottent littéralement et sont conscients de vivre un beau moment.

Mais attention : « much more coming ».


Les plats principaux nous font monter encore d’un cran.
La tartelette feuilletée au boudin noir accompagnée d’un chutney de pommes et oignons, écume au Pommeau de Normandie est tout simplement sublime. Deux vins lui tiennent compagnie : la Petite Syrah de la réputée maison Stag Leap en millésime 2007 et le Château de Beaucastel, Châteauneuf du pape 1998. Le premier en jeunessefait bonne impression. Il est dense, concentré, avec un bel avenir devant lui, mais un peu fougueux pour la finesse du plat, . Le Beaucastel est à maturité, délicat pour un C9dP, subtil et en finesse; merveilleux avec ce plat.

Nous enchaînons avec une  Palette de bœuf à la bière noire, café et poivre long, la sauce réduite, purée de pommes de terre Yukon Gold « Robuchon » et ail rôti. Un Brunello di Montalcino 2003 de la maison Casanova di Neri se présente dans nos verres. Encore vigoureux, aux tanins fondus mais à la bouche et au nez denses et complexes, il s’entend bien avec ce met sans que l’accord ne soit spectaculaire. Ces vins arrivés à maturité affichent souvent une douceur et une langueur que leur jeunesse ne laisse pas toujours présager. Celui-ci est très réussi.

FROMAGES? Non merci crient en chœur  les convives qui n’en peuvent plus bien que les portions soient modestes.  

UN DESSERT? On  respire, on rigole, on discute de notre chance puis une jolie petite tarte aux poires et frangipane de pistaches atterrit devant nous avec un Tokaji ASZÙ « Blue Label » 2006. Nous sommes au septième ciel.

Gracias a la vida et aux chefs Julien et Simon. Ce sera dorénavant une tradition du Club à Noël pas de doute.

Les convives se quittent autour de 23h00, repus et heureux.