vendredi 16 novembre 2012

Bordeaux en blancs - Pessac-Léognan


Bordeaux en blanc
Le Club des Rupins
Le jeudi 18 octobre 2012


La région de Bordeaux est « BIG », dans tous les sens : la plus grande région viticole de France avec ses 125 000 hectares de vignes; la plus grande productrice, 7 millions d’hectolitres annuellement; le plus grand nombre de vignerons ou d’exploitations vinicoles, 13,500; et les grands vins les plus chers du monde.

Quand on dit Bordeaux on dit vins rouges lesquels constituent 75% de la production totale. Mais on dit aussi vins d’assemblage, avec le Cabernet Sauvignon qui domine sur la rive gauche et le Merlot sur la rive droite. On peut y ajouter du Cabernet Franc, du Petit Verdot, du Malbec et très rarement du Carmenère. Pourtant, le Bordelais est un grand producteur de vins blancs prestigieux dont le plus connu est le Sauterne en liquoreux. Il produit aussi des vins secs qui ont belle réputation.


Les vins blancs secs du Bordelais

Hormis la très grande région de l’Entre-Deux-Mers d’où émane chaque année une quantité imposante de petits vins blancs sympathiques, c’est la région des Graves, sur la rive gauche, qui est reconnue entre autre pour ses vins blancs.

L’encépagement des blancs de Graves
Huit variétés de raisins sont mentionnés au décret mais trois cépages dominent absolument toute la production de vins blancs : le Sémillon, le Sauvignon et la Muscadelle. Le Sémillon apporte de la rondeur, de la fermeté et du soyeux aux vins et il accepte bien un élevage sur bois qui accroit sa complexité et sa richesse. Son acidité est pourtant basse et il a besoin du Sauvignon pour la fraicheur et son exubérance  aromatique. La Muscadelle (aucune parenté avec le Muscat) apporte des arômes de fleurs, de fruits blancs et de miel. Les autres cépages blancs autorisés par le décret sont : le Colombard, l’Ugni blanc, le Merlot blanc, le Mauzac et l’Ondenc. Les trois derniers de représentent qu’une centaine d’hectares en Bordelais le Mauzac et l’Ondenc sont les cépages privilégiés en AOC de Gaillac dans le Sud-Ouest.
Pessac-Léognan

Sans contredit l’appellation communale la plus prestigieuse des Graves, en rouge comme en blanc. En blanc, et contrairement à la tradition dans les Graves, ici c’est le Sauvignon qui domine habituellement  les assemblages.
On y trouve ce que le Bordelais peut offrir de meilleur en vins blancs secs. La dégustation de ce soir s’y consacre avec 8 vins de cette région dont 4 des grands crus reconnus. Nous ajouterons un représentant intéressant de la rive droite en guise d’illustration de ce qui peut se faire ailleurs.
Enfin, un vin anonyme, l’assemblage de type bordelais de la maison ontarienne Hidden Bench, pour remplacer  le bouteille de Les Plantiers Haut-Brion, deuxième vin en blanc du Château Haut-Brion, qui était piqué… Schoks!

Liste des vins en dégustation
Pessac-Léognan

Les Crus
1) Le Château Brown, 2008,                              13%           56.75$
2) Le Château la Louvière, 2007                       12.5%        50.50$
3) Le Château Larivet-Haut-Brion, 2009            14%           62.00$
4) Nuit Blanche, Hidden Bench, Ontario 2009   13.5%        40.40

Les Grands crus
5) Le Château Bouscaut 2003                          12,5%         40.50$
6) Le Château Latour-Martillac 2009                 13.5%         50.75$
7) Le Château Carbonnieux 2008                      13%           52,50$
8) Le Domaine du Chevalier 2005                      13%         130.00$

L’outsider
9) Le Clos Nardian, aoc St-Aubin de Branne      14%          87.50$
    2008, Saint-Émilion. 

jeudi 15 novembre 2012

Dégustation des vins de la Vallée du Rhône méridionale


LES VINS DE LA VALLÉE DU RHÔNE MÉRIDIONALE
Club 3 Gars des Filles
Le mercredi 14 novembre 2012

Les vins les plus prestigieux de la Vallée du Rhône viennent du nord, de la partie septentrionale. Les Côte-rôtie, Hermitage, Condrieu et autres Cornas occupent pourtant une toute petite partie du territoire consacré à la vigne. C’est dans la région Sud que l’on retrouve 90% des tous les vins du Rhône, et, partant, les vins à très grand volume comme ceux de l’appellation générique Côte du Rhône qui mobilise 40,000 des 76,000 hectares de la région. C’est aussi la région de France qui produit la plus grande quantité de vins après le Bordelais.

Quantité ou qualité
Il est vrai que certaines appellations mettent en marché des tonnes de vins à bas prix dont la qualité est discutable. Mais il y a aussi des AOC prestigieuses et réputées telles les Châteauneuf du pape, et dans une moindre mesure, Gigondas et Vacqueyras. Il en est ainsi de certains Côte du Rhône Village comme Rasteau, Cairanne, Plan de Dieu, Saint-Maurice et quelques autres. Enfin, grâce au travail de vignerons tenaces dans certaines appellations connues pour leurs vins ordinaires, on voit  émerger des vins de meilleures tenues : Lirac et Côte du Ventoux par exemple. Enfin, la petite appellation Tavel ne fait que du rosé, un des meilleurs au monde.

Le pays du vin  rouge
Près de 95 % des vins produits dans la Vallée du Rhône sont rouges; des blancs et des rosés complètent l’offre.

Des cépages multiples où domine le Grenache
Si la Syrah est la reine exclusive au Nord, le Grenache est de loin le cépage le plus important en Rhône méridionale. Ici, pas de mono cépage mais des assemblages qui intègrent de manière variée et inégale les 23 raisins autorisés par le décret de l’INAO; 13 en rouges et rosés et 8 en blancs. En rouge, par ordre d’importance et principalement; le Grenache, la Syrah, le Mourvèdre, le Cinsault, la Counoise, le Carignan et le Muscadin. En blanc; le Grenache, la Clairette, la Marsanne, la Rousanne, le Bourboulenc, le Viognier, l’Ugni blanc et le Picpoul. Ajoutons le Muscat à petits grains pour le VDN Beaumes de Venise.


Des sols granitiques au Nord, de calcaire et galets au Sud.

Un climat méditerranéen au Sud, semi continental au Nord.

Des appellations nombreuses et variées
Au delà des nombreuses appellations génériques, on dénombre 8 AOC communales qui se distingues de la masse : Châteauneuf du Pape, Gigondas, Vacqueyras, Rasteau, Vinsobre, Beaumes de Venise, Tavel et Lirac. Il y a aussi les AOC dites satellites dont : Costières de Nimes, Coteaux du Tricastin, Côtes du Vivarais, Côtes du  Luberon, Côtes du Ventoux…

Une étoile qui brille parmi toutes les autres
Le Châteauneuf du pape est la seule AOC du Sud qui rivalise avec celles du Nord pour la qualité et le prestige. De grands noms tels le Château de Beaucastel, le Château Rayas, le Clos des Papes, le Château la Nerthe, le Domaine du Vieux Télégraphe et des valeurs montantes comme le Domaine de la Vieille Julienne sont réputés pour leur qualité. Chaque domaine a son cocktail personnel de cépages mais avec le Grenache, la Syrah et le Mourvèdre en dominance. Seuls le Beaucastel et le Clos des Papes disent utiliser les 13 cépages autorisés. Les vins sont sombres, profonds, étoffés et à des niveaux d’alcool souvent élevés. Deux autres appellations, Vacqueyras mais surtout Gigondas, évoluent rapidement vers la qualité et plusieurs vins de ces AOC rivalisent avec les C9dP, à coût    moindre.

Bonne dégustation.

LISTE DES VINS EN DÉGUSTATION

Cuvée Jalliance, Clairette de Dye         (muscat-clairette), 7%                  18.45$

Blancs
1)  Dom. Saint-Préfert, C9dPape 2011, 13.5%                                 54.00$
     (Clairette 80%, Roussanne 20%)

2)  Château La Nerthe, C9dPape 2006,13.5%                                 47.75$
      (Roussanne 39%, Grenache blanc 27%, Clairette 19%
     Bourboulenc 15%)

Rouges
1) Le Coudoulet de Beaucastel, Côte du Rhône 2009, 14%            29.80$
      (Gren. 30%, Mourv. 30%, Syrah 20% et Cinsault 20%)

2)   L’Héritage d’Aqueria, LIRAC, 2005 14%                                     32.50$
     (Grenache 40%, Syrah 20%, Mourvèdre 40%)

3)   La Calade, Mas de Libian, Côte du Rhône Village 2007, 15%    35.00$
      (Mourvèdre 90%, Grenache 10%)

4)  Artemia, Château Pesquié, Côtes du Ventoux 2007, 15%           41.50$
      (Grenache 50%, Syrah 50%)
________________________

5)   La Vue du Chai, Domaine Xavier, Vacqueyras 2007, 14.5%      32.50$
      (Grenache 70%, Syrah 20%, Mourvèdre 10%)

6)   Domaine Raspail-Ay, Gigondas, 2009, 15%                               32.35$
      (Grenache 80%, Syrah 15%, Mourvèdre 5%)

7)   Clos Saint-Jean, C9dPape 2009 (Pkr 99), 16,3%                       44.25$
      (Grenache 60%, Mouvèdre, 20%, Syrah 15%...5%)

8)   Domaine Vieille Julienne, C9dPape 2008, 15%                                   70.75$
      (Grenache 60%, Syrah 15%, Mourvèdre 10%, Counoise 10%,
        Cinsaut 5%)

vendredi 21 septembre 2012

LE JURA


DÉGUSTATION DES VINS DU JURA
Le jeudi 20 septembre 2012

INTRO
Il y a peu de régions vinicoles dans le monde qui a autant de caractère et une personnalité aussi forte que le Jura. Quiconque a gouté au Vin Jaune ne peut rester indifférent. On aime ou on déteste, mais son originalité est indiscutable. Le Jura a ses détracteurs mais ceux qui l‘aiment l’adorent et en deviennent vite les défenseurs acharnés.
ARBOIS en est la capitale vinicole, là où est né Louis Pasteur qui a fait beaucoup de recherches nous permettant de mieux comprendre le vin…
Il fut sans doute l’un des premiers œnologues.
 Les cépages
En plus du Pinot noir, on retrouve en rouge deux cépages autochtones; le Poulsard (Ploussard) et le Trousseau. En blanc, le Chardonnay (le plus répandu) cultivé depuis le Xème siècle et le Savagnin, un cépage original, un petit cousin présumé du Traminer allemand.
 Les sols
La grande majorité des sols est  constituée de MARNES, un mélange d’argiles et de calcaires; marnes bleues, rouges, grises  etc. Une région réputée et étudiée pour sa conformation géologique qui date du Jurassique.
 Le climat
Avec la Champagne, l’Alsace et la Savoie, le Jura fait partie des régions les plus au Nord de la France. Le climat est donc assez froid, semi-continental, et les variations de température peuvent y être brutales. Les étés sont chauds et secs.
 Les appellations
Côtes du Jura : la plus étendue, où l’on trouve surtout des blancs : Savagnin et Chardonnay, parfois des crémants
Arbois : la plus grande (+ de 50% du vignoble), la plus ancienne qui date de 1936. 70% des vins rouges y sont produits et 30% des blancs ainsi que des Vins de Paille.
L’Étoile : vin blanc surtout, du Vin Jaune et du Poulsard.
Château Chalon; uniquement du Vin Jaune.
Macvin
Crémant du Jura.

LES VINS
 Le Poulsard
Principal vin rouge du Jura (40%), il est léger tellement qu’il peut parfois passer pour un rosé. Il est particulièrement réputé dans le nord en Arbois, près de village de Pupillin. On lui trouve de la finesse, de l’élégance.
 Le Trousseau 
Que je préfère de beaucoup au Poulsard et qui donne des vins assez costauds, d’une belle structure tannique, de longue garde. On le trouve dans le sud, où il fait plus chaud.
 Le Pinot Noir
Comme ceux de l’Alsace et de la Suisse, ils sont légers, parfois maigrelets, avec  un caractère et une personnalité peu affirmés.
 Les Chardonnays
Le gout jurassien se retrouve souvent dans les chardonnays (noix, coing, fruits confits ou secs) lorsqu’ils sont élevés en légère oxydation (oxydatif).
Plusieurs vignerons le vinifient sans oxydation, dans une forme plus classique afin d’étendre leur marché.
 Les Savagnins
Vins exclusifs au Jura, on les retrouve aussi sous formes oxydative ou classique.
 Le Vin Jaune
Fait exclusivement avec du Savagnin, c’est le produit phare du Jura, son vin le plus connu. Le raisin est recueilli le plus tard possible pour accentuer sa densité en sucre et son potentiel en alcool. Il est fermenté normalement et versé dans de vieux tonneaux, pas entièrement pleins. Un voile de levure se crée sur l’entière surface du vin, permettant une oxydation lente et soutenue. Le vin séjournera  plus de six ans et quatre mois dans ce tonneau et prendra une couleur, une texture et un gout  denses et très particuliers, aux arômes de noix, de coing et de fruits secs. C’est un peu le même procédé qu’utilisent les andalous pour créer le Jerez mais ils le fortifient (mutent) contrairement aux jurassiens.
Le Vin de Paille
Il est fait des meilleurs raisins qui une fois cueillis sèchent durant six semaines sur de la paille ou des claies. Une fois déshydratées, les baies sont fermentées lentement. Le vin vieillira dans de petits tonneaux durant au moins trois ans. Un vin délicieux aux arômes de fruits confits, de pruneau, de miel de caramel ou d’orange confite.
Le Macvin
Le Macvin  est muté, i.e. qu’on ajoute à la fermentation des raisins, de l’alcool qui freine la transformation du sucre en alcool laissant ainsi une « sucrosité » plus grande au vin. Mais c’est aussi une mistelle ou un vin de liqueur car l’alcool ajouté vient de la distillation des marcs du Jura. Un vieux Pineau des charentes pourrait y ressembler un peu ou un Xerez doux tels les Pedro Ximenez. Il peut être blanc ou rosé.
 Le Crémant du Jura
Seul mousseux du jura, blanc ou rosé; tous les cépages du Jura peuvent entrer dans sa composition. Méthode traditionnelle. Pas cher et souvent bon.

LA LISTE DES VINS EN DÉGUSTATION
2 Gars des Filles, le 15 septembre 2012

1)  Crémant du Jura, Rolet, Arbois 2008 22.10$ X 2                        44.20$
2)  Poulsard (rouge), Domaine de la Pinte, Arbois 2010                  27.00$
3)  Trousseau (rouge), « Singulier « ,Tissot Arbois 2010                 31.70$
4)  Chardonnay, Le Bruyères, Tissot, Arbois, 2009                           37.00$
5)  Chardonnay, Cuvée Arrogance, Benoît Badoz 2009                  38.00$
6)  Melon à Queue Rouge, Dom. de la Pinte, Arbois-Pupillin 2008 27.00$
7)  Chardonnay, « Jurassique », J.M. Petit, Arbois-Pupillin 2010     29.00$
8)  Chardonnay, Dom. De la Pinte, Arbois-Pupillin, 2007                  30.00$
9)  Savagnin, Domaine de la Pinte Arbois 2005                                 27.00$
10) Savagnin, Stéphane Tissot, Arbois 2007                                     34.00$
11) Vin Jaune, Berthet Bondet, Château Chalon, 2004                    72.95$
12) Macvin, Domaine de Montbourgeau, L’Étoile                              44.00$
13) Vin de Paille, Rolet, Arbois 2004, 42.10 X 2 =                             84.20$

LISTE DES VINS EN DÉGUSTATION :
Les Rupins, le 20 septembre 2012

Crémant du Jura, Domaine Rolet, Arbois 2008, 12%                        22.00$
1) Poulsard, Domaine de la Pinte, Arbois 2009 12,5%                      27.00$
2) Trousseau, Singulier, Domaine Tissot, Arbois 2010  13%            32.00$
3) Melon à Queue Rouge, D. de la Pinte, Arbois-Pupillin 200812% 27.00$
4) Fleur de Marne, La Bardette, Labet, Ctes du Jura 2008 13%       37.00$
5) Cuvée Arrogance, Benoît Badoz, Cte du Jura  2009 12.5%         38.00$
6) Chardonnay, Le Bruyères, Tissot, Arbois, 2009                             37.00$
7) Cuvée Victoria,Savagnin, B. Badoz, Ctes du Jura 2006 13.5%    35.00$
8)  Savagnin, Stéphane Tissot, Arbois 2007, 13.5%                           34.00$
9) Vin Jaune, Rolet, Arbois 2003  15%                                                  70.00$
10) Vin Jaune, Berthet Bondet, Château Chalon, 2004 14.5%           73.00$
11) Macvin du Jura, Domaine de Montbourgeau, l’Étoile, 17%           44.00$
12) Vin de paille, Dom. Rolet, Arbois 2004    16% (42.00 X 2)          84.00$

Daniel Gourd
Le 21 septembre 2012

mercredi 27 juin 2012

Homard laqué au Sauterne et vins blancs de Bourgogne


Nous avons mis trois semaines à fixer une date qui accommodait suffisamment d’oenopotes pour tenir la dégustation de juin, la dernière de la saison. À l’origine, nous avions choisi le thème du Libournais, ou de Bordeaux rive droite si vous préférez, avec en vedette les vins de Saint-Émilion et de Pomerol. Mais nous avons vite revu nos plans avec les chaleurs torrides du début de juin. Des gros rouges à 30 degrés centigrades? Non merci. Du blanc? Pourquoi pas. Du Bourgogne? Ça ne déplait à personne. Avec des crustacés en plus? Go Christian, hôte de la soirée, on marche, que dis-je on court…

Nous sommes six, Theo et Olivier ne pouvant être des nôtres. C’est amical les Oenopotes, pas trop sérieux malgré la présence de plusieurs professionnels en sommellerie ou en cuisine, dont les ardeurs cognitives sont tempérées par les amateurs intenses et passionnés, plus ou moins formés (certains ont suivi des cours à l’ITHQ), qui composons la moitié du groupe.

Alignés devant nous, dans nos verres de dégustation, cinq beaux bourgognes aux couleurs lumineuses. Que c’est beau les blancs. On voit plus les nuances. Les brillances et les couleurs sont mises en valeur par la lumière. On devine l’âge ou la provenance selon l’intensité et l’évolution du jaune vers les dorés profonds et les tuilés. La verdeur révèle l’acidité, la jeunesse… Bref, c’est magnifique. Oui, je sais, c’est beau le rouge aussi, et on peut tout aussi bien deviner plein de trucs en examinant les couleurs et les densités, la brillance. Mais là on est avec les blancs et pas n’importe lesquels.

Un Beaune 2002 ouvre la marche, le Clos Saint-Désiré de Rodolphe Demougeot, rond, aux fruits intenses, belle longueur en bouche et une jolie finale. On enchaine  avec un Meursault de Rémi Jobard, le 1er cru les Genevrières, jeune, très jeune en millésime 2009, frais, tendu, un peu fermé, en finesse et qui promet formidablement. Il est déjà très beau après un séjour dans le verre d’une vingtaine de minutes, mais nos experts vous diront que les Rémi Jobard, il faut savoir les attendre longtemps. Désolé, on le boit tout de même.

Au centre, le pivot de la dégustation, un Puligny-Montrachet les « Enseignères » de la Maison Champy en millésime 2005. Là on se trouve un peu plus dans la tradition des chardonnays un peu boisés, plus ronds, plus beurrés, plus lourds aussi, avec du corps, des épaules et une persistance gustative intéressante et longue.

Tiens, un autre Jobard suit, celui d’Antoine, le petit cousin de Rémi, un  Meursault en 1er cru les Genevrières lui aussi, mais en millésime 2008. Superbe, une plus grande maturité que l’autre, un peu plus intense et rond, avec du fruit, de la finesse et une finale glorieuse. Trop jeune? Sans aucun doute, mais tellement bon déjà, comme celui du cousin Rémi. Un autre Beaune vient clore la séquence des vins, le Beaune Bressandes 2002 de Louis Jadot. Déjà en maturation, un peu « oxydatif », au nez et en bouche, ce qui annonce le début de son déclin. Une forte personnalité, un vin merveilleux avec le saumon et la truite fumée de la Gaspésie du début du repas,  mais qui s’accordait moins bien avec le  homard finement grillé et laqué au Sauterne que nous ont préparé Conrad et Simon.

Laqué au Sauterne? Pas le premier venu d’ailleurs, un premier grand cru classé, le Château Rayne Vigneau de 1999, une idée de Conrad qui l’a apporté. Nous avons tous gardé quelques morceaux du homard pour déguster avec le Sauterne à la fin. Génial. Les Meursault des cousins Jobard faisaient merveille avec le homard en prélude à la finale. On  s’est régalé mes amis et on se promet de repartir, au mois d’août avec les rosés,  et en septembre avec les rouges de la Côte de Beaune en Bourgogne.

vendredi 18 mai 2012

Les beaux vins blancs du Nord-Est de l'Italie.


Certaines régions du monde sont reconnues pour la qualité de leurs vins blancs. La Moselle allemande, l’Alsace, la Bourgogne, la Loire, Rias Baixas en Espagne, Vinho Verde au Portugal...

Le Nord-Est de l’Italie a aussi une belle renommée. Il regroupe trois des 20 régions administratives et vinicoles du pays : le Trentino-Alto Adige, le Veneto et le Friuli-Venezia-Giulia.

Installé dans les Alpes ou ses contreforts, le Trentino Alto Adige a frontière commune avec l’Autriche. Riesling, Kermer, Gewurztraminer, Sylvaner, Pinot Griggio, Sauvignon, Chardonnay  sont produits avec une qualité remarquée et à des prix habituellement abordables, ce qui fait aussi son intérêt. Des cépages locaux comme partout en Italie dont le Gewurztraminer, originaire du village de Tremine, et le Manzoni.

Le Veneto (Vénétie) qui borde le Trentino Alto Adige à l’Est et au Sud, regorge aussi de beau vins blancs mais celui qui caractérise cette région, un classique reconnu dans le monde, c’est le Soave,  fait avec le Garganega. Ce vin a connu un passage à vide à la fin du siècle dernier car sa popularité très grande a entrainé une surproduction et, partant, une réduction sensible de la qualité.  Heureusement, il s’est ressaisi depuis.

Le Friulano-Venezia,-Giulia plus à l’Est touche aussi à l’Autriche au Nord et se rend jusqu’à la Slovénie à l’Est. Encore des cépages locaux comme le Friulano et des cépages dits internationaux tels le Sauvignon et le Chardonnay qui y font merveille.

Lors des deux dégustations nous avons proposé sensiblement les mêmes vins à quelques différences prêts. Plus de cépages indigènes avec les « 2 Gars des Filles », un  peu plus de vins de cépages internationaux avec les « Rupins ».

Malgré des expériences et des horizons fort différents caractérisant le « membership » de chaque club, leurs préférences sont très similaires.

 Voici ce que cela donne :

2 Gars des Filles
Top 5
1) Broy, Eugenio Collavini, Collio, Friuli 2005 (sauvignon/chardonnay)
2) Vespa Bianco, Bastianich, Venezia Giulia 2008 (sauvignon)
3) Quintarelli Giuseppe Bianco secco, Veneto 2010 (garganega, chardonnay, sauvignon)
4) Soave Classico, La Rocca, Pieropan, Veneto 2007 (garganega)
5) Soave Classico, Vigneto du Lot, INAMA, Veneto 2009 (garganega)

Les vins les plus gastronomiques :
1) Manzani, Fontana santa, Foradori, Alto Adige 2010
2) Soave Classico, Vigneto du Lot, Inama, Veneto 2009
3) Quintarelli Giueseppe Bianco secco, Veneto 2010

Les Rupins
Top 5
1) Broy de Eugenio Collavini, Collio, Friuli 2005
2) Löwengang, Tenutae Lageder, Alto Adige 2008 (chardonnay) #
3) Quintarelli Giuseppe, Bianco secco, Veneto 2010 ) Soave Classico,
4) Soave, Vigneto du Lot, Inama, Veneto 2009
5) Vespa Bianco, Bastianich, Venezia-Giulia 2008.

Mentions : Soave, La Rocca, Pieropan, Veneto 2009 ; Soave Superiore, Vicenti Agostino, Il Casale 2008 et le Gewurztraminer d’Alois Lageder, Alto Adige 2009.#

Les vins les plus gastronomiques :
1) Broy, Eugenio Collavino
2) Quintarelli Giuseppe, Bianco secco, Veneto 2010
3) Soave Classico, Vigneto du Lot, Inama, Veneto 2009

#Le Löwengang et le Il Casale, Soave Superiore ne se trouvaient pas parmi les vins dégustés par les « 2 Gars des Filles ».




mardi 8 mai 2012

Découvrir à l'aveugle des vins issues de sols de schistes? Pas évident.


Le défi était de taille, le projet ambitieux. Les vins issues de sols de schiste sont ils reconnaissables entre tous, pouvons nous les distinguer des autres sans coup férir. Rappelons que le schiste est une pierre feuilletée qui vient d’une compression extrême de l’argile et il y a autant de variétés de schistes que d’argile. L’ardoise par exemple…

Ce qui me rendait perplexe c’est sans contredit que le schiste en général affleure, i.e. qu’il se trouve en surface, jamais beaucoup plus épais qu’un mètre, alors que les racines de la vigne descendent dans les sols plus profonds pour trouver son eau mais aussi ce qui la nourrit. Là encore, il y a foule; des sols nombreux et divers qui vont influencer la plante et ses fruits indépendamment des schistes qui se trouvent au dessus.

Pourtant, des vignerons, des producteurs, des négociants, des oenologues importants et influents soutiennent  que l’on reconnaît les vins dits de schistes par leur très grande tension, leur minéralité presque exacerbée; en rouge par leurs tannins serrés et denses, et par certains arômes fumés…

Le projet d’hier soir, mené par Simon, visait à vérifier tout ça. Trois séries de trois vins dont une en blanc qui ouvrait la marche. Deux vins de schiste par série et un pirate. Des millésimes variés, histoire de nous faire chercher un peu, de nous amuser. Des cépages variés, des régions et des pays divers, pour nous pousser un peu plus loin, augmenter la difficulté.

Disons tout de suite que Carole, Julien et Adam étaient en feu, et Conrad égal à lui même, un dégustateur de première force. Un fort taux de succès donc pour identifier les cépages, les régions et pays  d’origine, les millésimes et parfois même le domaine ou le vigneron producteur. Les vins étaient très variés et en général de belle qualité.

Disons que la série en blanc nous a permis de bien démarrer car un  pinot gris alsacien était situé entre un riesling allemand et un chenin de Savennière en Loire. Un vin  plus lourd, plus rond, au coloris plus dense et doré, à l’acidité moins enthousiaste que les deux autres. Facile donc de le sortir du rang et de l’établir comme non « schisteux ». Avec les rouges ce fut plus difficile, surtout la dernière série, la meilleure, mais où les caractéristiques habituelles ne se retrouvaient pas, du moins pas de façon évidente.

Conclusion, on ne peut pas dire que c’est évident et je crois vraiment qu’à part des exceptions spectaculaires comme certaines cuvées de Didier Dagueneau en Sancerre ou certains vins de Faugères et du Roussillon, le schiste ne marque pas autant les vins qu’on le dit, moins que le terroir dans son ensemble surtout moins que les sols qui se trouvent en dessous d’où la vigne tire le maximum de nutriments.

Cela dit, nous avons passé une belle soirée et l’effort de Simon à varier les origines et les types de vin était remarquable.

Voilà notre appréciation des vins dégustés, notre « hit parade ».

Top 4
1) Domaine Alain Voge, Cornas « Les Vieilles Vignes » 2007, sols granitiques
2) Pinot Gris Rosenberg, Dom. Barmès Buecher, Alsace 2008, argile et calcaire
3) Cims de Porrera, Priorat, Classic 2000, Espagne, schiste
4) Jean Foillard, Morgon Côte de Py, Beaujolais 2010, schiste.

Mention
5) Savennières Clos le Grand Beaupréau, Domaine Ogereau 2009, schiste

Les autres qui font moins l’unanimité :
6) Côte du Roussillon ‘Si mon père savait… » Bernard Magrèz 2004, schiste
7) Redoma, Nieporrt, Douro 2007, schiste
8) Mas Julien, Côteaux du Languedoc terrasses du Larzac 2008, silice et grès
9) Riesling Kabinett, Schloss Schönborn, Johannisberger Klaus 1994, schiste