samedi 29 octobre 2011

Une soirée en compagnie d'Alice PAILLARD et des champagnes de son père Bruno.

Le champagne BRUNO PAILLARD  est un petit nouveau à l’échelle de la Champagne. A peine 30 ans. Pourtant, il s’est rapidement imposé par sa qualité et par la constance de ses produits.  La soirée viendra confirmer sa réputation. 

Nous sommes plus de 25 avec la jeune Alice, la trentaine a peine entamée, vivante, vibrante et très compétente. Quatre produits nous sont proposés et ils accompagnent un menu gastronomique de bonne tenue. Pourtant, mis à part le premier plat qui a permis au Brut Première Cuvée de mettre ses qualités gastronomiques en évidence, les autres accords étaient plus discutables. Je vais donc me contenter de parler des vins et de leurs qualités.

Le Brut Première Cuvée
On dit toujours que l’on juge un producteur à son produit d’entrée de gamme, son moins prestigieux. Le Brut Première Cuvée fait honneur à la Maison.

Fait exclusivement de jus de première presse, comme tous les champagnes de Bruno Paillard, il inclue les trois cépages courants en Champagne; le Pinot Noir, le Chardonnay  et le Pinot Meunier, dans cet ordre d’importance. Le vieillissement en bouteille sur lies dépasse les 3 ans et les bouteilles reposent au moins 4 mois après le dégorgement, avant d’être mises en marché.

Dégusté dans un verre (pas une flûte ni une coupe) d’une marque que je ne connaissais pas et qui permettait aux arômes de s’exprimer rapidement et largement, le vin démontre une belle minéralité, appuyée sur une acidité vive et fraîche, des arômes d’agrumes mais aussi de petits fruits rouges, dénotant la présence importante du Pinot Noir. Un beau vin à un prix ma foi assez doux si on le compare à sa concurrence; 58.00$. Je l’adopte et il rejoint dans ma cave les produits de Pol Roger, Jaquesson, Francis Boulard et Franck Pascal.

Le Blanc de Blancs Réserve Privée Grand Cru
Très jeune, très vif, bulles délicates et fines, exclusivement composé avec du Chardonnay originaire de terroirs « grand cru » ce vin est vraiment exubérant dans ses arômes d’agrumes, de fruits blancs et de fleurs d’acacia. La minéralité très particulière de la craie, élément composite principal des sols de la Côte des Blancs en champagne, est nettement indentifiable. Champagne superbe, prêt à boire mais qui donnera beaucoup plus si on le laisse vieillir 5 ou 10 ans.
Il est cher à 90$ la bouteille de 750ml.

Le Rosé Première Cuvée
Très pâle pour un rosé, se rapprochant d’avantage du cuivré des gris que du rose appuyé des rosés. Cela dénote un temps de macération très court et une dominance très importante du Pinot Noir dans l’assemblage. Le nez est d’ailleurs typique du Pinot à maturité courte: groseille, fruits rouge acidulés. Belle fraîcheur et qualités gastronomiques évidentes. Il a failli domestiquer un sashimi de thon rouge intensément poivré que même un  Gewurztraminer d’Alsace aurait eu de la difficulté à apprivoiser.
Un des bons rosés que j‘ai eu l’occasion de boire et dans les prix de ses principaux concurrents à de 69.00$

Le Nec Plus Ultra
Le N.P.U. (Nec Plus Ultra) 1995, leur deuxième édition de ce grand vin, est spectaculaire. Les raisins émanent de 5 des meilleurs terroirs « grands crus »; CRAMANT, CHOULLY, MESNIL SUR OGER, VERZENAY et BOUZY le superbe terroir de Pinot Noir. Je vous passe les procédés complexes et sophistiqués de la vinification et de l’élevage pour vous dire que le Chardonnay et le Pinot noir se retrouvent à part égale dans ce vin qui est élevé sur lies durant au moins10 ans.

Des arômes de noix, signalant une jolie et subtile oxydation du vin, des fruits blancs et rouges confits, de la gelée de coing; une richesse aromatique et gustative remarquable et une longueur en bouche qui n’en finit plus de nous ravir. Un très grand vin, très cher, autour de 200.00$, mais pas plus que ses concurrents; les plus grandes cuvées des plus grandes maisons.

Conclusion
Je ne connaissais pas Bruno Paillard et suis heureux d’avoir fait la connaissance de ses vins et de sa fille Alice, une ambassadrice de la marque de talent et une fille fort sympathique. Pour ma part, je m’abonne au Brut Première Cuvée et au Rosé, les deux autres étant trop chers pour mes moyens. 

vendredi 21 octobre 2011

Dans l'univers du Pinot Noir, la Bourgogne n'est pas seule

Les dégustations à l’anonyme ou à l’aveugle sont souvent cruelles et parfois injustes. Ce pourquoi je suis toujours prudent dans la critique des vins après une soirée de dégustation. Celle d’hier est particulièrement éloquente à cet égard, dans la mesure ou des préjugés tenaces sont tombés et des icones ont vu leur dorure s’élimée.

Les vins français en arrachent un peu
Disons tout de suite que des trois Pinots Noirs français un seul s’en est sorti brillamment alors que les deux autres, un d ‘Alsace et l’autre de Bourgogne n’ont pas fait belle figure devant la concurrence du Nouveau Monde.

Le meilleur rapport qualité prix, 
et l’un des vins les plus gastronomiques de la soirée, le « 20 Barrels » de Cono Sur 2008, Vallée Casablanca au Chili à 28.75$. Aromatique, enthousiaste, pas trop « confituré » pour un vin de climat chaud, une belle longueur en bouche, un beau vin sans prétention.

Le clou de la soirée
à la surprise générale, la cuvée « Reed Wineyard » du vignoble californien CALERA, un 2006 à 59.75$; d’une grande finesse et une belle complexité aromatique avec la cerise noire en dominance mais aussi de la fraise et des arômes tertiaires discrets qui ajoutent à sa complexité; tabac, café, très légers une bouche qui suit très pleine malgré la délicatesse, avec une finale longue, toute en nuances.

Très louangé aussi
avec des commentaires moins enthousiastes de quelques dégustateurs, mais dont la grande qualité gastronomique a été reconnue de tous (il a fait un  malheur avec L’Époisse), la cuvée « Ma Favorite » d’Alain Burguet, un Gevrey-Chambertin 2004. Encore jeune, puissant  comme peuvent l’être les  vins de cette appellation communale, d’une grande complexité aromatique, une bouche dense à la persistance aromatique et gustative admirable. Surprenant pour un vin générique. Le prix surprend aussi à 85$, le plus cher de la soirée.

Autre belle surprise
 « Le Grand Clos » de Clos Jordane, Niagara, Ontario canadien, du millésime 2005. Un vin tout en subtilité tellement que les convives ont cru y voir un bourgogne de Chambolle-Musigny ou de Vosne-Romanée. Un  peu cher toutefois à 61.00$ mais, à mon avis, il en valait le prix.

D’autres vins appréciés
Le Chehalem Reserve de l’Oregon en millésime 2006, un pinot noir très classique, encore un Nouveau Monde que les dégustateurs croyaient d’origine bourguignonne et qui a montré de belles qualités gastronomiques. Moins cher un peu à 42.00$. Ne pas passer sous silence non plus les commentaires positifs à l’endroit du Marchand-Burch, Mount-Barrow, Western Australia 2008, lui aussi un peu cher à 57.25$. Enfin l’Amisfield 2008 de Central Otago en Nouvelle Zélande, un des moins chers à 39.50$.

Les déceptions 
Le Bannockburn de Felton Road, Central Otago 2009 de Nouvelle-Zélande pourtant à 59.25$; Le Paul Cluver 2008 de la région d’Elgin en Afrique du Sud;
Le Laurène 2005 du Domaine Drouhin en Oregon, le « F » de Paul Blanck, un alsacien 2005 et le Chambolle-Musigny « Vieilles Vignes » 2007 de Vincent Girardin.

samedi 8 octobre 2011

Au bal des Nuits Saint-Georges


Au bal des Nuits Saint-Georges, j’ai rencontré la petite Juliénas, une petite fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée et sous sa robe Bourgueil, un grand cru classique, avec des arômes de cassis et de fraises des bois. On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode.

Plus tard, lorsque je lui ai proposé de l’emmener dans mon Châteauneuf du Pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage! Le temps d’aller chercher mon Chablis au vestiaire, de mettre un petit Corton dans ses cheveux, on est monté dans ma Banyuls, et on a roulé à travers Champagne et Champigny, jusqu’à ne plus Saumur où on était! On s’est baladé Entre-deux-Mers, on est allé à Vacqueyras, les pieds dans l’eau Clairette, on s’est Pouilly-Fuissé dans les dunes et comme la Mercurey montait et qu’on commençait à avoir les Côtes-Rôties, on a décidé de rentrer.

Mais voilà, on s’est retrouvé coincé dans les embouteillages, les bouchons quoi! Je commençais à Minervois sérieusement et la Juliénas et moi, avec ma Languedoc et mon caractère Roussillon, on s’est mis à se crêper le Chinon.
D‘un seul coup elle a claqué la Corbières de la Banyuls et elle est partie.

Je me suis retrouvé comme Macon avec Monbazillac frustré! Quoi! Je me suis dit, elle s’est déjà Sauvignon, avant même que j’aie le temps de la Sauternes. Je vous Jurançon que je l’avais dans le Pauillac. J’en étais si Tokay que j’ai couru après dans Lalande et les Chardonnay pour la rattraper.

Quand on s’est retrouvé et que je l’ai vue en Gros Plant, je lui ai dit : « Ne fais pas ta Pomerol et ne t’en va plus Gamay ». En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran : « Ne m’en veux pas, je voulais jute être sûre que ton Saint-Amour était Sancerre ».

vendredi 7 octobre 2011

Un voyage dans le monde du Cabernet/Sauvignon


Nous étions deux gars 7 filles hier soir pour s’aventurer dans le monde puissant, corsé et varié du cépage roi en rouge; le « cabernet/sauvignon ».
Dix bouteilles étaient alignées, en trois vagues, dégustées à l’anonyme. Les prix sont raisonnables sauf pour la dernière vague.


La première vague
Le Cabernet Riserva 2007 d’Alois Lagader, un beau producteur de vins blancs du Trentino- Alto-Adige, a peu impressionné comme c’est souvent le cas pour 1er vin de la dégustation. Beau nez, complexe, sur le fruit, peu sur le bois, mais une bouche courte et décevante, 23.95$. Le Farnito de Carpineto qui suit, une IGT de Toscane 2005, a carrément déplu, 27.85$. « The Highstreet » 2007, de la Maison d’Arenberg en Australie, malgré une simplicité relative, s’en est un peu mieux sorti; plus classique, avec un meilleur équilibre entre l’acidité. L’alcool et la structure tannique, une belle continuité du nez à la bouche. à 22.50$.


La deuxième vague.
La jeunesse fermée, compacte, de la Cuvée Alexandre 2009, de la Maison L’Apostole au Chili, qui clôt la deuxième série, a dérouté les dégustatrices et leur collègue, peu habitués à évaluer un vin aussi jeune et puissant. Ils ont cru le GO sur parole quand aux qualités en devenir de ce futur beau vin… de 33.75$

Le Catena de Mendoza, de la maison argentine du même nom, un vin d’à peine plus de 20$, millésime 2005, a fait l’unanimité. Puis le Malbrook de Klein Constantia 2008, d’Afrique du Sud, a su trouver des admirateurs, à 25.00$


On choisit pour la suite
Nous avons attendu la dernière vague pour opposer aliments et vins et chacun des convives pouvait garder deux des six vins des premières vagues pour le lunch qui suivra plus tard. Le Catena et le Malbrook furent choisis.


« We get into the crox of the matter »
« The Mint 2008 » , de la maison Thelema en Afrique du Sud porte bien son nom car des arômes de menthe poivrée survolent les arômes tertiaires (café, cacao, tabac) de ce vin sympathique aux qualités gastronomiques évidentes. Élevé en barriques à 50% neuves pendant 18 mois, la présence du bois est fondue et discrète, ce qui étonne pour un vin aussi jeune. 46$, ce n’est pas donné mais il le vaut.

Le grand frère du Catena de Mendoza, le Catena Alta 2006 est exubérant, aux arômes de fruits noirs. Quelques arômes discrets de torréfaction nous indiquent qu’il entre en tertiaire. Les tannins sont présents mais en voie de se fondre. Il est très apprécié malgré son prix de 46.75$.

Le Deheza del Carrizal 2004, de la Castilla la Mancha en Espagne est plus discret, plus effacé, d’une plus grande finesse. Il surprend par sa délicatesse. Il est venu remplacer à la dernière minute le Mas La Plana 1995 de Torres en Espagne qui était bouchonné. Il se révélera très flexible avec les aliments. 40.00$

Enfin, fermant la marche, un très beau cabernet/sauvignon américain, puissant mais harmonieux, l’Atalon 2003 de la vallée de Nappa en Californie. Assez fort en alcool à 15%, on ne le sent aucunement tant l’équilibre est beau. Des tannins très présents mais fondus, au grain fin; de belles persistances aromatique et gustative, une finale longue et ronde, intégrée jusqu’à la fin. 62.50$


Un cadeau d'anniversaire
Puisque c’était l’anniversaire la veille de deux de nos jeunes filles, nous avons ouvert mon avant dernière bouteille du Robert Mondavi Réserve 1999, du vignoble d’Oakville dans la vallée de Nappa en Californie…SUBLIME!!!!

mardi 4 octobre 2011

Une dégustation en forme de Quiz

Adam nous avait préparé tout un jeu, simple en apparence mais qui mettait rudement à l’épreuve nos talents et connaissances de jeunes dégustateurs...  Jeunes dans le sens de « pas si expérimentés que ça ».

Voici le jeu :

Trois châteaux, deux millésimes pour chacun, dans une des appellations communales du Médoc, avec écart d’âge de 20 ans entre le plus vieux et le plus jeune des six vins.

Nous avons la liste des prix payés à l’époque de l’achat et la cote donnée par la « Gang à Parker ». Il y a trois notes de 90 sur le lot dont une est attribuée à une bouteille par trio. Les autres cotes sont 95 (wow!), 86 et 85 .

Les vins sont dégustés, deux par deux, notés, évalués en silence puis en échange. Adam essaie de ne pas nous donner d’indices mais on finit par apprendre que seules les AOC Saint-Estèphe, Pauillac, Saint-Julien et Margaux sont concernées. Pas de Moulis ni de Listrac. On s’en doutait un peu.

Une fois les trois trios dégustés, nous devions trouver l’appellation de chaque trio, les millésimes, la note Parker et le prix payé.

Les appellations?
Disons tout de suite qu’en appellation le groupe a été plutôt faible. Seule Carole a identifié correctement deux AOC sur trois. Moi? Deux sur trois mais pas aux bons vins.

Les millésimes?
Nous avons été meilleurs.  Moi? Quatre sur six, les deux autres à moins de deux ans.

Les cotes et les prix?
Pas mal dans le champ tout le monde sauf quelques exceptions. Moi? La catastrophe.  Deux cotes sur six, aucun prix correct.



Les justifications et les excuses?
Mon cerveau, habile à produire de la « métaphysique de compensation », me suggère des excuses : « J’aime pas beaucoup les Bordeaux, je ne les fréquente pas beaucoup, je ne les connais donc pas vraiment. ». « Les Bordeaux, ce sont des vins de cuisiniers, qui ajustent constamment la recette d’une année à l’autre pour s’adapter aux meilleurs raisins et au meilleur assemblage possible des 5 cépages autorisés, en variant la présence du bois et son intensité. »

Moralité?
Les dégustations à l’anonyme, même lorsque simplifiées, sont un solide défi pour n’importe quel amateur ou professionnel. Seule une pratique constante, en prenant des notes sur  chaque vin dégusté, un travail acharné pour développer une mémoire des odeurs (donc des arômes) mais aussi les connaissances acquises, permettent aux meilleur(e)s de se démarquer et d’augmenter leur capacité d‘identifier correctement les vin, à l’aveugle ou à l’anonyme, sur une base régulière. Et un foie solide.

Quels étaient les vins?
Saint-Estèphe : le Château Meyney, non classé, 1986 et 2005, cotes 90 et 86 au prix de 60$ et 43$.
Margaux : Château Lascombe, 2e Cru classé, 1995 et 2006, cotes 85 et 90, prix 84$ et 103$.
Saint-Julien : Château Branaire-Ducru, 4e Cru classé, 2004 et 2005, 90 et 95(*), prix 54$ et 98$.

Le clou de la soirée : Le Château Lascombe, Margaux 1995, malgré la note de 85 donnée par Parker.
Le plus prometteur mais trop jeune, tellement  trop jeune : le Château Branaire-Ducru 2005, celui qui a eu la note Parker de 95.
Le plus gastronomique, avec les fromages et les charcuteries que nous avions hier : Le Château Branaire-Ducru 2004.



jeudi 29 septembre 2011

Les Sauvignons du Chili

Comme sa grande voisine l’Argentine, le Chili affectionne plus les rouges que les blancs puisque seuls 27% des vins qui sortent du vignoble sont blancs. De ceux-ci, le Sauvignon est de loin le plus populaire.  Pourtant, si on le compare au Cabernet-Sauvignon, le rouge chilien dominant, la Syrah, le Merlot ou encore le Carménère, le sauvignon influence peu l’image de marque de ce pays.

 Alors, pourquoi assister au séminaire sur le sauvignon qui se donnait hier en marge de la grande dégustation annuelle des Vins du Chili à Montréal? Je connaissais les sauvignons français, italiens, sud-africains et néo zélandais, mais pas du tout ceux du Chili. Je ne pouvais passer à côté.

Une tournée rapide

Une heure avant le rendez-vous, pour me faire une idée, j’ai fait le tour des principaux producteurs et goûté leurs sauvignons. Une vingtaine au total. Ma première impression? Il y a de tout, dans tous les styles, la qualité est parfois au rendez-vous et les prix sont bas.

Le séminaire viendra confirmer cette première impression.

Le choix des 12 vins est judicieux et représentatif de ce que l’on trouve dans ce pays. La présentation du sommelier Bertrand Eichel fait le tour de la question avec des infos de « background » pas trop fastidieuses. C’est ce même Eichel qui avait fait le séminaire de l’an dernier sur le Carménère.

On passe vite en revue les 12 vins faute de temps car il faut libérer la salle et il n’y a pas assez de bouchées (quelques accords avec le fromage de chèvre) pour tout le monde mais le travail de Eichel est impeccable. Ses descriptions et ses notes de dégustation sont pertinentes, sans fla fla. Du beau travail et avec le sourire.

Que faut-il en retenir?

La plupart des Sauvignons proviennent des vallées de l’Aconcagua, de Casablanca et de San Antonio, des régions voisines situées au centre/nord du pays, où les nuits sont fraîches, à cause de la proximité des Montagnes et de l‘océan où circule le Courant de Humbolt, un courant froid qui remonte vers le nord.

Plusieurs sont de style néo-zélandais, hauts en contrastes, aux arômes d’agrume un peu envahissants et à l’acidité agressive. D’autres se rapprochent des meilleurs de la Loire et de l’Afrique du Sud, un peu plus végétal, mieux équilibrés, avec une certaine finesse. Et puis, il y a les autres, les vins de terrasse sympathiques dont on a peu à dire sinon qu’ils sont rafraichissants et sans histoires. Enfin, il y en a quelques uns qu’il faut oublier.

Mes préférés, dans l’ordre :

1) Le Tarapaca Gran Reserva 2011 de Vina San Pedro en IP, prix non disponible…
2) L’Amaral de MontGras 2010, code SAQ 11446534 à 17.95$
3) Le Ventisquero Queulat 2011, code SAQ 11541419 à 16.95$
4) Le Medalla Real 2010, de Santa-Rita, à 17.15$ en IP

D‘autres vins intéressants durant la dégustation?

- Le Carménère de la ligne Marquès de la Casa de la maison Concha y Toro; de la fraîcheur, de beaux arômes de fruit, pas trop boisé, à un prix plus que convenable, autour de 20$.
- L’Errazuriz, Don Manimiano Fouder’s Reserve 2007, puissant, racé avec un équilibre et une finale en bouche éblouissantes, un très beau vin mais cher à 78.25$.
- Les Pinots Noirs de Cono Sur, surtout le « 20 Barrels Limited Edition » 2008 à 28.15$
- Le Merlot de Cono Sur (encore eux) le « 20 barrel Limited Edition » 2008 à 27.95$


samedi 24 septembre 2011

Une aventure dans le monde des vins blancs.

Nous sommes dix autour de la table. Le petit verre de champagne « Les Murgiers » de l’ami Francis Boulard a réveillé nos papilles et animé les conversations.

On commence doucement


La première série de 3 vins circule d’un convive à l’autre, à l’anonyme.
L’albarino du Rias-Baxias en Espagne, le Fillaboa 2008, se montre très aromatique mais sans profondeur ni complexité. Le Gavi de Bruno Broglia du Piémont, fait de cortese, plait d’avantage. Plus subtil, plus complexe avec de la minéralité (nez légèrement pétrolé) et une belle acidité. L’Estate Argyros 2009, 100% assyrtiko, en réduction au début de l’après-midi, ne fait pas bonne impression malgré un coup de carafe de quatre heures. L’acidité est belle, la bouche un peu saline mais l’impact d’un nez légèrement « funky » demeure.

Passons aux choses sérieuses

La deuxième série démarre avec un assemblage du Frioul Italien, le Vespa Bianco, Bastianich 2008, fait principalement de chardonnay et de sauvignon et une touche de picolit, que les dégustateurs apprécient pour sa finesse et son acidité enthousiaste. Le Folio de Coume del Mas 2009, un Collioure en grenache gris et blancs et une touche de vermentino, rencontre un succès mitigé, à ma grande déception car j’aime les vins de Philippe Gard.

Le Château La Nerthe, un  Châteauneuf du Pape 2009 force l’admiration. Fait de roussanne, grenache blanc, clairette et  bourboulenc, il est complexe et d’une puissance mesurée pour un C9dP, avec une certaine finesse en bouche et une belle et longue finale. Enfin, le Montus 2000, un Pacherinc du Vic-Bihl d’Alain Brumont fait sensation par sa richesse olfactive, son côté presque capiteux en bouche, et sa superbe couleur d’un  jaune intense. Fait essentiellement de Petit Courbu, un cépage qui entre habituellement en assemblage des Jurançons, il a une belle capacité  de vieillir. Une petite minorité ne tombe pas sous le charme de ce vin vraiment original.

Une comparative de chardonnays italiens

On a tendance à négliger les chardonnays de l’Italie qui sont souvent réussis, surtout dans les régions du Nord. Les trois vins qui sont devant nous proviennent de producteur « top niveau » de l’Italie. Le Rossj-Bass, AOC Langhe, Pémont 2009, de Gaja est fin, d’une belle acidité, et fait penser à certains chablis en dépit d’une minéralité plus discrète. Les grands fans de chardonnay trouvent d’avantage leur compte dans le vin d’Aldo Conterno, un  Langhe aussi, 2007 cette fois-ci, est somptueux, riche, au boisé présent mais bien intégré, aux arômes de poires mûres. Enfin, le Lowengang 2006, un vin d’Alto Adige produit par Alois Lagader est fait sur le modèle des vins du nouveau monde; lourd, brioché, beurré, au bois ultra présent, qui plait à une solide minorité. Ce type de produit étonne de la part d’un vigneron qui nous a habitué à des vins plus fins, plus européens de style et de conception.

Attention on passe aux vins « oxydatifs »

Je lance cette série avec la Cuvée Victoria de Benoît Badoz, savagnin du Jura 2006, le cépage duquel on fait le fameux Vin Jaune. Tout le monde aime. Ce vin n’est pas ouillé, donc pas oxydatif, mais cela aide à amener les membres réticents du groupe vers la suite.

 J’enchaîne avec un Château-Chalon 1998 d’Henri Maire, un superbe Vin Jaune qui fait des prodiges avec un fromage Comté de 2007 et un l’Étivaz suisse de 2008. Suit un  Jerez Palo Cortado Viejo, essentiellement travaillé avec du palomino,  la cuvée Apostoles de Gonzales Biass, un vin qui a plus de 30 ans; un des 10 vins les plus intéressants que j’ai bus. Une couleur ambrée, des arômes d’une diversité et d’une complexité étourdissantes, une bouche dense, intense, très en sec au début et qui se termine dans une longue finale où vient se déposer un soupçon de sucrosité qui nous émeut. WOW!

On ferme la dégustation avec la cuvée Noé, du même producteur, fait exclusivement avec du Pedro Ximénez, un vin d’une douceur infinie, sombre de couleur, à la texture liquoreuse et suave. Un superbe vin qui fait pâlir les Portos, même les plus vieux. Deux des dégustateurs sont incapables d’apprécier ces trois vins et quelques autres aiment plus ou moins l’un ou l’autre de ces vins. Nous sommes 5 à trouver qu’il s’agit là d’une grande fin de dégustation. Cela dit, nous rentrons tous heureux.